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Le plaisir de la lingerie — Serments en velours

RedQueen 2 janvier 2025
Le plaisir de la lingerie — Serments en velours
La nuit n’entre pas : elle s’installe. Elle prend possession des angles, des miroirs, des silences. Elle efface les contours trop nets et rend tout plus vrai, plus cruel, plus beau. Elle garde la boîte sous le lit, comme on cache une lettre qu’on n’a pas le droit de relire. Quand elle la tire enfin vers elle, le carton glisse avec un bruit doux, presque un soupir. À l’intérieur, la lingerie repose pliée avec une discipline impeccable — l’élégance d’un piège. La dentelle est noire. Pas le noir banal du quotidien : un noir profond, travaillé, qui boit la lumière et ne rend que des reflets. Elle la prend entre ses doigts et sent, sous la délicatesse, une intention. Rien n’est innocent dans un tissu qui ne sert à rien d’autre qu’à dire “regarde” — et “n’approche pas trop vite”. Elle se change lentement, sans hâte, comme si chaque geste devait être accepté par la nuit. Dans le miroir, elle reconnaît son visage, mais pas exactement son expression. Il y a dans ses yeux quelque chose de plus calme… et de plus tranchant. Une version d’elle-même qui ne demande pas la permission. Quand la bretelle se pose sur l’épaule, c’est un pacte. Quand le ruban se noue, c’est une phrase qu’on ne pourra pas retirer. Elle ajuste, elle vérifie, elle reprend. Pas pour être parfaite — pour être prête. La porte ne claque pas. Elle s’ouvre à peine, et l’air change. La présence dans l’encadrement ne fait pas de bruit, mais elle impose une gravité nouvelle, comme si la pièce se rappelait soudain de toutes les choses qu’on y a tues. Il ne dit rien. Il regarde. Et dans ce regard, il y a la douceur d’une promesse et l’ombre d’une menace — cette manière de tenir quelqu’un sans le toucher. Elle pourrait détourner les yeux. Elle ne le fait pas. Le silence entre eux n’a rien de vide. Il est tendu, chargé, presque cérémoniel. Il parle de limites qu’on respecte et de désirs qu’on avoue à moitié. Il parle d’une confiance si intime qu’elle ressemble à un vertige. Elle avance d’un pas. Puis d’un autre. La nuit, autour d’elle, devient un manteau. Et avant même que l’histoire ne commence vraiment, elle comprend : ce n’est pas une tenue. C’est un langage. Une façon d’aimer sans se trahir. Une manière de dire “je t’offre l’accès” — et “je garde le contrôle”. Ce soir, elle n’est pas seulement désirée. Elle est choisie. Et, pour la première fois depuis longtemps, elle choisit aussi.

Prologue — Serments en velours

Les couloirs s’illuminent d’un cuivre sombre. Elle avance comme on signe un destin : sans trembler.

Chapitre 1 — La lumière qui ment

La douceur est une arme. Les mots, un fil tendu. Et la nuit a toujours un prix.

Chapitre 2 — Dentelle / Armure

Elle apprend à se protéger sans se fermer. À s’abandonner sans disparaître.